L'histoire
La ville, celle de tout le monde. La vie, celle de tous les jours...
Solana vit, ou plutôt travaille. Pour qui ? Pourquoi ? Pour elle ? Sûrement pas !
Dans ce monde automatisé, on voudrait rêver, on voudrait s'aimer. Mais le monde automatisé n'aime pas; il n'en a pas le temps...
Quand à rêver... Encore faudrait-il qu'on le puisse ! La nuit, on ne dort pas, on récupère... Alors n'allons pas nous fatiguer à rêver...
Et l'amour dans tout ça ? Peut-il avoir sa place ici ?
Si la réponse est oui, en tout cas, Solana ne l'a jamais vu...
Et puis de tout de façon, elle n'aurait pas le temps d'en profiter, alors...
Mais la solution ne serait-elle pas de profiter du peu de temps que dure la nuit pour découvrir le bonheur à côté duquel nous passons ?
C'est ce que l'on propose à Solana, un soir. Découvrir un autre monde, où règne le bonheur, le temps d'une nuit. Juste une fois. Pour voir. Pour savoir...
L'autre monde...
Le bonheur !
La joie, la vie... la vraie vie...
Des amis, des vrais, ceux à qui on ne ment jamais. De la bonne humeur partout. La fête, la musique, et ... l'amour?
Madrihn...
Madrihn, c'est comme un sentiment nouveau. Surtout pour quelqu'un qui, comme Solana, ne connait pas le mot sentiment. Madrihn, c'est la force et la tendresse, la protection, la tranquillité, si loin, si proche; comme si on était deux depuis toujours. Madrihn, c'est tout, c'est l'amitié, c'est l'amour, c'est ... le bonheur.
... le bonheur !
Le bonheur. Celui pour qui l'on ferait tout. Celui pour qui on laisserait tout tomber. Celui qu'on attends. Celui qu'on trouve toujours. Celui qui ne part jamais. Celui qu'on ne laissera jamais partir... Jamais. C'est le bonheur pour toujours. Toujours.
Toujours ? Mais toujours n'est pas possible. La nuit n'est pas éternelle. Le soleil commence son retour. Et Solana doit y songer elle aussi. Car elle n'a plus le temps.
Partir?
Laisser tout tomber pour repartir ? Repartir là où personne ne nous attends ? Là où personne ne nous connaît ? Là où il faut travailler et récupérer ? Là où on ne sait pas rêver ? Là où personne ne peut nous aimer ? Là où l'on a pas le temps ?
Non. Repartir ? Jamais !
Et plus rien ne peut arrêter Solana. Elle a décidé qu'elle ne repartirait pas. Et elle est prête à passer un pacte avec le mal.
Si le mal ne peut faire en sorte qu'elle reste ici, alors le mal n'a qu'à empêcher le soleil de se lever. C'est du pareil au même. Solana est même prête à donner son nom, la seule chose qu'elle possède vraiment.
Mais sans nom, peut-on être quelqu'un?
Et cette fille, qui n'a plus de nom, peut-elle vivre sans être ?
Madrihn peut-il reconnaître une fille qui n'a pas de nom ? Peut-il lui offrir ce bonheur qu'elle prétend avoir trouvé avec lui? Et d'abord, qui est cette fille ? Une fille sans nom qu'on ne peut pas aimer, puisqu'elle n'existe pas ! Et puis Madrihn a autre chose à faire. Mais d'ailleurs où à bien pu passer Solana ?
Alors, vraiment... Cette fille qui n'a plus de nom, avait-elle le droit de vouloir plus que ce qu'on lui avait donné ? Avait-elle le droit de donner jusqu'à son nom pour le bonheur ?
Devons-nous vivre pour ce que l'on a plutôt que ce que l'on est?
Doit-on demander au bonheur d'être toujours plus grand plutôt que de le prendre comme il est ? Et à quel prix ?
Le prix.
Si le soleil ne se lève plus, la nuit devient l'unique actrice du monde. Et le monde ne peut pas vivre sans équilibre.
Sans monde, les habitants du monde, ne sont plus rien. Et le bonheur ne peut plus exister.
Tout ça pour rien ?
à suivre ...